Autrefois saluées pour leur fiabilité et leur bon rapport qualité-prix, certaines voitures françaises peinent aujourd’hui à trouver preneur. La cause ? Un moteur autrefois prometteur, aujourd’hui source d’inquiétude. Si vous envisagez de vendre votre véhicule en 2025, mieux vaut savoir à quoi vous attendre.
Un moteur au cœur du problème : le 1.2 PureTech
Entre 2014 et 2020, de nombreux modèles populaires ont été équipés du moteur à essence 1.2 PureTech, un trois cylindres turbo disponible en versions 110 et 130 chevaux. Ce bloc motorisé a été utilisé sur des voitures telles que :
- Peugeot 208, 308 et 2008
- Citroën C3 et C4
- DS3
- Opel Corsa et Astra
Au départ, ce moteur avait tout pour plaire. Mais au fil du temps, les témoignages d’utilisateurs et les avis d’experts ont révélé une faille majeure : un problème de courroie de distribution.
Un défaut technique qui change tout
Sur les modèles concernés, la courroie, pourtant annoncée comme durable, s’use prématurément au contact de l’huile moteur. Le risque ? Une casse moteur coûteuse, souvent bien après la fin de la garantie constructeur.
Pour limiter les dégâts, Stellantis (le groupe derrière Peugeot, Citroën, DS et Opel) a déployé :
- Des rappels ciblés
- Une extension de garantie
- Des entretiens révisés avec surveillance accrue
- Un dispositif d’indemnisation
Mais malgré ces efforts, la réputation du moteur PureTech est restée entachée.
Des voitures invendables ou bradées
Face à cette situation, les professionnels de l’automobile se montrent de plus en plus méfiants. Yoni Dayan de Simplicicar est clair : « Nous ne reprenons aucun PureTech, sauf s’il est encore garanti ». Pour beaucoup, le risque est simplement trop élevé, et l’assurance trop coûteuse.
Les rares revendeurs qui acceptent ces modèles imposent de sévères décotes. Selon Michaël Ledoux, PDG de Transakauto, la baisse de valeur atteint en moyenne 25 % pour se prémunir contre un éventuel remplacement de moteur.
Des décotes bien plus fortes que la normale
Les chiffres sont sans appel :
- Peugeot 208 (2015, 82 ch) : -61 % de sa valeur neuve
- Peugeot 208 (2018, 110 ch) : -57 % en moyenne
- Volkswagen Polo équivalente : -34 % à -48 %
- Citroën C3 (2015) : -65 %
- Opel Corsa (2020, hors PureTech) : -31 % contre -20 % pour la version allemande
Ces baisses illustrent une perte brutale de valeur, même pour des véhicules récents bien entretenus.
Des garanties étendues… mais est-ce suffisant ?
Pour ne pas perdre définitivement la confiance des acheteurs, Stellantis a lancé plusieurs dispositifs :
- Garantie étendue jusqu’à 8 ans ou 160 000 km
- Bonus de reprise de 700 € pour l’achat d’un véhicule neuf
- Garantie Spoticar (jusqu’à 175 000 km) pour les modèles d’occasion
Certaines personnes y verront une bonne affaire : un prix bas, une garantie prolongée, des équipements modernes. Mais pour les vendeurs, l’amertume est souvent au rendez-vous. Revendre une Peugeot ou une Citroën équipée d’un moteur PureTech implique presque toujours une forte négociation à la baisse.
Une stratégie pour tourner la page
Les constructeurs eux-mêmes semblent prendre leurs distances. L’appellation « PureTech » a disparu des brochures. Aujourd’hui, les fiches techniques parlent simplement de la puissance ou de l’hybridation. Le message est clair : il est temps de faire oublier ce nom devenu encombrant.
En attendant, ces voitures entrent progressivement dans la catégorie des modèles les plus difficiles à revendre en 2025. Un casse-tête pour les propriétaires, un avertissement pour les futurs acheteurs.












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